Words and pics
(temporary page while I figure out some javascripts LOL)
Some of my pictures have inspired me to put words on paper. Translated from French. Click on the pictures
to reveal the text.
She will wait no longer. Anyway, she told herself, she wasn't really waiting. She was, at most,
expecting, as the Spaniard or the Acadian would have said (in Spanish and Acadian French,
"to wait" = to hope). She had convinced herself to give chance a nudge. She had tried to guess
where the Other would be at the given moment. She had criss-crossed the city, looking for the
fortuitous encounter. Above all, not to beg for attention. She had a thousand times rehearsed
her exclamation of surprise, trying to imagine what her target's mood would be. "What if he
arrives in two minutes" She dons her hat once more, to better observe with apparent indifference.
The first inhabitants had come from the mountain side. They crossed the brook by building a
small bridge, that they left there, just in case... The case never came, and the bridge was
abandoned, displaced by time. Some pieces served to heat the house. But what remains is
untouchable. It reminds us that the freedom to leave is always there, but that the choice to
stay can be just as strong.
Pénétrez dans l’ambre, hostie du soleil, qui s’élève pour se gorger de lumière.
L’énergie s’y mutera, féline, folâtre, fugace. Entrez-y encore, et le chatoiement guidera
votre regard vers le masque d’un vieux fantôme longtemps remisé, mais jamais disparu tout à
fait. L’offertoire réussi, la résine gardera captives vos amertumes et vous rendra un rayon
que vous ferez d’espoir, si vous voulez…
Ambre
Ne tire pas, Carmela!
Souviens-toi de ces
Autres qui portent aux
Ongles le rouge du
Sang des "disparus"
¡No dispara, Carmela!
Carmela, Santiago de Chile, 1997
Elle rode depuis deux siècles. Les négriers l’ont laissée pour morte sur la plage, dans la baie
désertée.
Dès son réveil, elle ramasse des fruits pour calmer sa faim. Elle a beau ouvrir grand la
bouche, elle mord le vide.
De rares touristes ivres de soleil sentent parfois confusément sa présence.
Les gens du lieu la connaissent bien. Elle s’appelle Dinorah et a toujours faim.
Le fantôme de Dinorah
The chain breaks suddenly
The thread distends a strand at a time.
Flesh will become memory
Acute reminder of the times of the
" I should have, if I had only be able,
If I had only known".
What I would give to
To weave anew our fabric
Retie the loose strands of life?
My soul, surely.
What I would give to
Be really certain I have uttered
A last "I love you",
That chokes?
My heart, period.
To Take up the thread, to strengthen it
With love bequeathed,
Seize the day,
Sense the life, with each
Breath of air in us,
On us...
To act life, hanging
To the new thread.
Tous les après-midis, lorsque le temps n'est pas trop à la pluie, Marthe va prendre une marche,
pendant que Romain joue au "500" à l'Age d'or. Elle se rend au promontoire surplombant
la rivière, tout près du barrage. Tous les après-midis, Rolland, prétextant des fourmis
dans les jambes, laisse Roberte à ses mots croisés géants d'Allo-Police. Il ne part jamais
du même côté, afin de déjouer les commères du voisinage. Marthe ne regarde jamais de quel
côté Rolland arrivera. Elle joue à se laisser surprendre, à deviner la présence de cet homme.
Un jour, elle le sait, Rolland ne viendra pas, ne viendra plus.
S’éveiller avant les écureuils, les empêcher de grignoter les derniers biscuits.
Bien ramasser les journaux couvertures, afin de ne pas trop froisser les colocs,
joggeurs matinaux.
Partir d’un bon pas, profiter des largesses de ce jour…
Petit matin au parc
La fleur occupe tout l'espace. Elle éclate au grand jour, loin de l'ordre stérile des rangées.
Elle offre ses pétales à la bise, son pollen à l'abeille. Même flétrie, elle ira enrichir les
voisines et la progéniture. Sa couleur la détache de la verdure, comme pour mieux s'y
harmoniser. Harmonie du jour, harmonie du soir. Susan et Marguerite interpellent Dahlia.
Elles se voient du coin de l'oeil, clignent et s'enlacent de la tige.
My roots run on the treetops, they dispersed under the autumn breeze discovering, with each
fall, new lands and new essence . My roots often lie in the Oak and the Willow, sometimes in
the Eucaplyptus and the Bamboo, always in a bit of
sorbier*. My roots are where the wind takes me....
*my name Cormier, French for sorbier, a hardwood
De quelle «souche» suis-je? Ce texte m’a été inspiré après mon départ pour l’Ontario il y a
quelques années. Mes amis québécois me reprochaient d'abandonner le Québec. Mon père était acadien
de Nouvelle-Ecosse, exilé à Montréal pour trouver de l’emploi. Ma mère du centre du Québec
et d’Abitibi, exilée à Montréal, et dont des parents sont dispersés au Canada, de l’Ontario
à la Colombie-britannique, et qui y vivaient en français. Mon nom, Cormier, désigne une espèce
d’arbre au bois dur comme ma tête. Aussi appelé sorbier.
Le vieux pommier ne prétend pas savoir, comme le chêne. Mais il reçoit les confidences des
amoureux en peine, des enfants qui jouent à s'égarer, du photographe qui s'étonne de sa
longévité...
The dandelion, long ambushed,
Will soon feed on the rotten leaves,
Trying to convince us that, this time,
Winter will not come.
J’suis fatigué, Arthur,
J’ai la tête comme ces
Mille reflets: du très noir
“À quoi ça sert?” jusqu’à
L’éclatant “Que la soupe est bonne !”
J’suis fatigué, Arthur.
J'ai tout donné,
Maintenant je quémande.
Il fait beau aujourd’hui, Arthur.
Un beau hasard. J’aurais dû descendre et aller voir cet homme. San Antonio Texas, 1996.
Éclisses de feu,
Éclairs dans les yeux.
Élément purifiant, absolu.
Feu de paille, feu de brousse,
Flamme éternelle.
A-t-on le choix? Entretenir
Une petite flamme en veilleuse ou
Allumer quelque nouvel incendie?
L’écume se fige. Malgré le fracas, on laisse vagabonder le regard sur les vides qui
ceignent chacun des éclats. On voit alors danser les fantômes.
Hors du temps. Le temps avait suspendu le Temps. La brume isolait le village dans un cocon.
L'homme marchait, mais n'entendait pas le bruit de ses pas sur le trottoir de bois.
Quelques passants semblaient parler, mais aucun son ne lui parvenait. Il ne percevait que le
clapotis paresseux de la marée basse, qui ressemblait au son d'une barque à la dérive.
Il se retrouva au large. Inutile de chercher la Sirène, invisible. Mais elle était là,
mugissante, monotone, supposément pour avertir les marins du péril des récifs. Elle réussissait
à les attirer quand même, hypnotisés par la note. L'homme dans sa barque ne faisait
aucune manoeuvre. Sans destination, il ne goûtait que le voyage. Regardant par-dessus bord,
il la vit, comme un reflet se formant et disparaissant au gré de l'eau. Il voulait lui caresser
la joue, mais il courait un risque énorme. Elle pouvait se dissiper à jamais, ou l'engouffrer
dans un tourbillon inextricable. Elle lui sourit. Il tendit la main. L'homme sentit une chaleur
intense à l'épaule. Autour de lui surgirent des maisons aux couleurs vives. Son pied claqua
sur le trottoir. Le Temps était revenu.
Il y a longtemps que Vaclav n’appâte plus l’hameçon. Il laisse couler autour de lui les
harmonies de la Moldau.
Le Pêcheur de Prague
Mothermoto having rolled all summer long, was surprised by the wintry breeze. Babymoto, ready
to roll, having just tasted the road, was unaware of the predicament. Frozen wheels, chapped
tires, hidden handlebars. Who would come to free them?
Les vacances s'étirent paresseusement. L'oasis au centre de la ville devient le lieu de toutes les confidences, des stratégies anti-parents et pro-amours...
A hippopotamus as we all know is very inelegant; these three don't care about what we think...
Le marchand de sable est passé… Il m'a laissé une plage. J'y tracerai lettres géantes et
arabesques, que la marée prochaine effacera. L'oiselle observatrice survolant la berge y
reconnaîtra des mots doux, des mots durs, tous trop usés, mais écrits pour elle. Elle ne voit
pas le message entier. Elle sait qu'elle doit faire vite, le temps est si court, et il est si
tard, mais chaque mot est si beau, le message importe-t-il vraiment ? Mais oui, elle veut
savoir, vraiment. Mais chaque mot est si beau, posé en contrepoint à son voisin : plaisir,
douleur, bonheur, rêve, liberté, passion, cri, déchirement, désir bandé, désir mouillé, chair
crainte, défi, am… Saura-t-elle un jour ? Elle voit dans une baie une maison, qu'elle sait château. Elle se pose au pied de la vague, qu'elle sait caresse. Le marchand ne viendra plus. La plage a disparu. Les vendeurs du temps, chuchote-t-on, ont volé le sable. Ils le brocantent pour la mesure du temps passé. Ceux qui n'ont plus de temps vont en quémander, paient le gros prix. Le sable qui prenait plaisir à chatouiller les pieds se voit contraint de fuir entre les doigts.